16 déc. 2010

Le Casse - Contrat rempli

La série est constituée de six "one-shots" ayant pour thème la réalisation d'un casse hors du commun, sans autre contrainte éditoriale de lieu, d'époque, de moyen et d'objectif. Présentation complète sur le site dédié Le Casse des Editions Delcourt.



S'assumant divertissante, la série remplit tout à fait son contrat et propose des histoires variées, tant au niveau scénaristique que graphique.  Un travail de bonne qualité. 

Notre préférence va au quatrième tome, La Grande Escroquerie, proposé par les auteurs de la série Travis. Un bon  polar noir à la personnalité affirmée et mis en relief par le trait, plus brut pour l'occasion, de Christophe Quet.  Le scénario se développe dans le contexte original du mouvement punk londonien de 1977. L'intrigue est élaborée et se déploie en rythme jusqu'au dénouement bien pensé. On aime.


Viennent ensuite Diamond (on regrette juste une colorisation aggressive et la scène "érotique" aussi caricaturale que ratée), Soul Man (bonne ambiance et chute bien fichue) et Gold Rush (western qui accumule au début un peu trop de clichés, clins d'oeil et références mais qui finit mieux). Trois lectures sympathiques.




Le Troisième Jour nous a laissé de marbre (nous ne sommes pas entré dans l'ambitieux trip Marie Madeleine et Cie) et L'Héritage du Kaiser nous a paru un peu faible (un peu brouillon en fait) malgré des dessins efficaces et séduisants. 

Au final, Lorenzo est satisfait d'avoir bravé sa déception sur la série Sept (même éditeur) et je remercie ce cher Luc NM pour sa gentillesse.
A lire ou offrir sans états d'âmes.

Lorenzo et Sylvain

13 déc. 2010

Sélection détente de BD à 1,99€ sur IZNEO

Impossibilité de sortir pour cause de neige ? Besoin de lecture relax pour les voyages de fin d'année ?
Bédérama vous propose une sélection de "BD détente" à télécharger sur IZNEO (uniquement des locations disponibles à 1,99€, par principe).


Tony Corso : polar décontracté et décompléxé

Tony Corso est le privé attitré de la jet-set azuréenne. Décontracté et sûr de lui, il porte une chemise hawaïenne en toutes circonstances et un revolver, parfois.
Les scénarios se tiennent bien et jouent sur les stéréotypes sans trop de lourdeur. Le bon équilibre crédibilité/second degré pour passer d'agréables moments.
Chaque tome constitue une histoire complète.

Lien vers la preview : ici.


Ethan Ringler, Agent fédéral : solide western initiatique

Quête initiatique d'un jeune anglais, pour moitié indien, dans l'Amérique de la fin du XIXème siècle. 
Action, secrets familiaux, aventure, drame sentimental, ... un vrai western de CinémaScope qui ne manque ni de corps ni d'esprit. Du bon boulot.


Pour en voir plus, la preview se cache au bout de ce clic.



La Vengeance du Comte Skarbek : magnifique roman dessiné

Moyennement satisfait de l'immonde traitrise subie il y a quelques années, le peintre Louis Paulus revient à Paris confondre ces ennemis sous le nom de Comte Skarbek.
Le diptyque mérite d'être lu non seulement pour son scénario impeccable mais aussi pour ses superbes planches qui nous transportent au beau milieu du Paris de la moitié du XIXème siècle. 
Vengeance à tiroir, mise en abime, ... un must.
Preview.



Juge Bao : digne successeur du Juge Ti

Le Juge Bao entreprend de nettoyer une ville corrompue. 
Comme précédemment chroniqué, les enquêtes du Juge Bao sont très plaisantes et de fort bonne tenue. Le traitement graphique apporte un charme particulier à cette oeuvre dont  le format permet une lecture parfaite sur un écran. La preuve en image.

Commando Colonial : aventures nostalgiques

La Seconde Guerre Mondiale bat son plein. Membres des Forces Françaises Libres, Robillard et Rivière sont chargés de missions délicates sous des latitudes coloniales. 
Comme souligné par Laurent, cette série est tout simplement très bien, et il est dur le Laurent. Bref, une location à ne pas rater.
Une aventure complète par tome.

Pour découvrir le trait unique de Brüno, suivez le clic.



Pour rappel, d'autres albums ont fait l'objet de recommandations à la location : Cellule Poison et tout plein d'autres.

Bonne lecture.

Sylvain

12 déc. 2010

BD Polar - Sélection de comics musclés et bien ficelés

Le comics américain ne produit pas que des super-héros moulés dans des préservatifs. Il créé aussi des polars hard boiled originaux. Et n'allez pas dire le contraire à Marv' (surtout si vous portez un beau manteau).
Le tournant du millénaire a été riche en découvertes mémorables : Franck Miller (Sin City, Dark Knight Returns), Brian Michael Bendis (Torso, Sam et Twitch, Powers qui va faire l'objet d'une adaptation en série) et Alan Moore (La ligue des gentlemen extraordinaire, V pour Vendetta, Watchmen, From Hell). Mais depuis, peu de nouveautés m'ont interpellées. Alors, elle est où la relève ?


Stimulé par ce cher Laurent C. et aiguillé par des libraires éclairés, j'ai creusé quelques peu les publications francophones de crime comics, tentant des nouveautés ou redonnant leur chance à des oeuvres écartées jusqu'alors. Passage en revue de ces lectures étonnantes, palpitantes, dérangeantes ou tout simplement décevantes, mais toutes destinées à des adultes consentants.



Scalped : une claque magistrale !

Âmes sensibles s'abstenir.
Que celles et ceux qui ont vibrés à la lecture de Sin City n'hésitent pas : Scalped leur procurera le même frisson. Quelques différences notables cependant. L'action ne se déroule pas dans un univers fantasmé de noir et blanc mais dans une réserve indienne pauvre et glauque. En couleur. L'extrême violence des actions, la vulgarité des dialogues et les scènes de sexe sans équivoque ne servent pas de rustines à une histoire faiblouillarde.  Au contraire, ils en renforcent le propos et le réalisme. Du dur. A côté, Tony Hillerman passe pour Agatha Christie.
La construction du scénario des deux premiers tomes est impressionnante, enchaînant les aller-retours temporels et les personnages. Très grande maîtrise narrative. La série en est au tome 7 aux "states" et la qualité semble toujours au rendez-vous. Courrez chez votre libraire.



Fables :  les bons contes font les bons polars

Comme les dieux grecs, les personnages de contes ne sont pas sans défaut ni passion. Et tu sais ce qu'elles disent parfois les princesses ? Le prince charmant, c'est pas un mec bien. 
Un peu déçu par le tome 11 qui ne fait pas vraiment avancer l'intrigue principale, je reste néanmoins fan de cette série dont je vous avais déjà dit un très grand bien au printemps. 
Pleine de créativité et de finesse, Fables est à découvrir, notamment pour ceux qui veulent savoir comment le père Noël fait pour livrer tous les cadeaux en une nuit ! 



100 bullets : polar ténébreux et addictif

Les États-Unis sont tenus par des familles mafieuses dont la force de frappe est constituée de tueurs jouissant d'une totale impunité. Mais la machine se détraque : les tueurs s'éparpillent et leur chef organise une vendetta contre les parrains.   
Débutant par une série d'histoires sombres, psychologiquement torturées, 100 bullets développe une intrigue très originale et captivante. Comme malheureusement trop souvent dans les séries, je trouve que l'histoire principale prend un peu trop son temps mais le talent des auteurs fait que l'on gobe chaque page avec avidité. 



Kick-ass : violence et décalage mais ...

Un lycéen décide de jouer au vengeur masqué. Il enfile une combinaison de plongée et part arpenter les rues. Sa première intervention est un billet direct pour l'hosto.  Buzz immédiat. 
Le scénario ne manque ni d'humour ni de surprises mais je suis un peu gêné par l'ultraviolence (têtes explosées, ...) qu'affrontent les jeunes personnages. Comme dans les films de Tarantino, cette violence est souvent décalée et contribue à faire monter la pression, donnant l'impression de quitter les conventions ou convenances du genre. Impression démentie par un dénouement classique. 




The Boys : trop c'est trop

"The boys" est une équipe de la CIA chargée de contenir les individus dotés de super-pouvoirs. De la simple intimidation au meurtre, tous les moyens sont à leur disposition. Et ils ne font pas dans la dentelle.
Garth Ennis ambitionne de surpasser son oeuvre précédente devenue référence : Preacher. Politiquement très incorrecte, cette série me semble glissante.  Paradoxe de la violence provocante utilisée pour dénoncer le système et ses dérives et qui finit par le légitimer. 
A moins que je n'ai lu les tomes trop vite ?



 
Preacher : une référence péchue et toujours dérangeante

Possédé par une entité surnaturelle, un prêtre défroqué part en croisade contre Dieu. Il est accompagné de son amante et d'un vampire copain à eux.
Déjantée, unique, hyper-créative, glauque, violente, ..., la liste des qualificatifs serait longue pour décrire de manière exhaustive cette série dont j'ai longtemps repoussé la lecture. Sous l'impulsion appuyée de Laurent C., je m'y suis finalement plongé et je ne le regrette pas. Je reconnais la qualité de cet ovni littéraire mais certaines situations dépassent mes limites. Incroyablement dérangeant.



Criminals : véritables polars noirs américains

A raison d'une histoire par tome, les auteurs développent leurs intrigues dans le monde interlope de la ville fictive de Center City.
Braquage, vengeance, vampe manipulatrice, enquêteur désabusé, ... tous les standards sont revisités avec force de noirceur et réalisme.


A recommander (chaudement) aux amateurs de polars noirs traditionnels.




Incognito : musclé et efficace 

Attiré par la couverture qui m'a parue être un clin d'oeil au Spirit d'Eisner, j'ai lu ce tome avec plaisir (rien à voir avec Eisner, en fait)
Un ancien super-vilain chimiquement bridé et  bénéficiant du programme de protection des témoins est retrouvé par ceux qu'il a trahi. Pas extraordinaire mais bien fait.
Curieusement et agréablement, cette histoire m'a rappelée les jubilatoires polars de Phillipe Thirault ayant pour "héros" Harvey Stanfield (Hémoglobine Blues, Heureux les imbéciles et Speedway - Editions du Serpent à Plume). De bons souvenirs de lectures aussi.



Ed Brubaker (dont la série Gotham Central m'avait bien plue, au passage), Jason Aaron, Bill Willingham, Garth Ennis, Brian Azzarello,   ..., la relève ne manque ni de talent ni de punch. 


Au fil des blogs, il semble qu'une autre série mérite le déplacement. N'étant pas vraiment dans la catégorie polar, même au sens large, une chronique future parlera du gothique et hallucinant Transmetropolitan de Warren Ellis.


Sylvain (spéciale dédicace à Laurent C.)

10 déc. 2010

Le coin des p'tits lutins - Johan et Pirlouit, un classique toujours d'actualité pour les enfants

Il n'y a pas que les grands qui peuvent découvrir des BD enrubannées sous le sapin de Noël. Les enfants y ont droit aussi ! Mais que choisir ? Pour les lutins chérubins de Bédérama, le choix est tout fait : Johan et Pirlouit.


De Peyo
Intégrale en 4 tomes - 3 récits par volume - 176 pages
Dupuis - 19€

De l'humour et de l'aventure intelligente

- "Et pourquoi vous ne lisez pas des bandes dessinées tous seuls ?
- La maîtresse, elle a dit que ce n'était pas bien pour apprendre à lire.
- ... ?
- Mais toi, si tu lis, ça va. 
- Oh oui ! Un Johan et Pirlouit. S'iiiil te plaiiiit papa chéri."
Imparable. Un véritable travail de professionnel. C'est donc pris en sandwich entre ma fille et mon fils que je me mets en mode lecture. Et c'est cool.

Les aventures de Johan et Pirlouit comptent parmi nos meilleurs moments. "Pirlouit, il est trop marrant ! Il ne pense qu'à manger et boire. Il a des cheveux comme ça et il est très petit." Et c'est vrai que l'arrivée du "lutin" dans le troisième récit est une super trouvaille qui donne un ton unique à la série. Un contre-poids à Johan "chevalier courageux" certes, mais plutôt barbant. Autre géniale trouvaille : les schtroumpfs qui apparaissent dans la neuvième histoire.



Les scénarios sont très rythmés, variés, respectueux des lecteurs, remplis de fantômes, de sorciers, de brigands, de passages secrets, ... et de gags. Un moyen-âge idéalisé, magnifié par le trait plein de charme de Peyo. "Il y a toujours des bonnes aventures avec des batailles et des monstres". Une belle découverte pour les enfants et un chouette retour en enfance pour les plus grands.




Par contre, passé la treizième aventure, la magie n'opère plus et la série se caricature elle-même. Peyo n'est plus aux commandes et d'oeuvre honnête pour la jeunesse, on passe à un produit stéréotypé. Vraiment moins bon.


Lutins Julien, Sylvain et Morgane




Autres recommandations :

  • Lou! (pour les grandes filles d'au moins 8-10 ans)
  • Les 13 premiers tomes du Scrameustache (plus pour les garçons)

8 déc. 2010

Quelques chiffres et ordres de grandeur du marché de la BD en France

Salma - Libon - Dupuis
Synthèse de chiffres glanés ça et là. Histoire d'avoir quelques ordres de grandeurs en tête, ce qui peut toujours faire son petit effet lorsque l'on dîne en ville.


La BD : un peu moins de 10% en valeur du marché du livre


Le marché du livre français tourne autour de 440 millions d'exemplaires. La BD compte pour 10% des unités, sachant que les romans correspondent à 25% et les oeuvres jeunesse à 12%.

En terme de chiffre d'affaire, le livre (total éditeur) est de 2,7 milliards d'euros (BD=9%).   
En terme de vente au détail, la BD pèse 0,35 milliards d'euros. A titre de comparaison, le marché du jeu vidéo est de 1,4 milliards et celui de la musique (CD, DVD, numérique) près de 1 milliard.

9 groupes d'édition produisent 60% des titres de bande dessinée sur 288 éditeurs actifs (vs 400 éditeurs jeunesse).


Toujours plus de nouveautés BD

Sur les 4863 BD publiées en 2009 , près de 75% étaient de strictes nouveautés. Le poids des nouveautés BD dans la production globale des livres ne cesse d'augmenter : 7% actuellement contre 2% il y a 10 ans.
Dynamisme pour les uns, surchauffe pour les autres. 


Des tirages à géométrie variable

Le tirage moyen d'un livre est de 9000 exemplaires, 7000 pour la BD avec cependant de grandes disparités en fonction des titres et des maisons d'éditions.
Le site BD Zoom suit, avec Livre Hebdo, les ventes hebdomadaires de BD et donne quelques chiffres concernant les principaux tirages.
A titre de comparaison, le dernier roman de Guillaume Musso, La fille de papier, a été tiré à 400 000 exemplaire à sa sortie (grand format). La version poche devrait connaître un tirage équivalent.
Côté numérique, le blog de Boulet attirerait 30 000 lecteurs ... par jour. Aucun autre chiffre représentatif du marché de la BD numérique ne semble disponible pour l'instant. Une situation qui changera certainement à l'approche du FIBD d'Angoulême. 


Plus de 400 000 exemplaires
Largo Winch
Lucky Luke
Blake et Mortimer

La barre des 500 000 unités ne semble plus être accessible comme cela était le cas en 2002 avec La loi du préau (Titeuf - 900 000 exemplaires ).






Plus de 200 000 exemplaires
Thorgal
Le petit Spirou
Naruto
XIII Mystery
Blacksad




Plus de 100 000 exemplaires
Spirou et Fantasio
Magasin Général
Murena
Sillage 
Les Sisters
Les Profs
Le Scorpion
Le Troisième testament
Les Tuniques bleues
Les Bidochon



Plus de 50 000 exemplaires
IRS
La Position du tireur couché
Happy Rock
Happy Girls
Les Gendarmes 
Les Pompiers
Il était une fois en France
Péchés mignons
Quai d'Orsay



Plus de 20 000 exemplaires 
Lulu femme nue 
Gaza : 1956
Sarkozix
Le Casse  
Les Notes de Boulet
Walking Dead 
Pluto 
Arzak - L’Arpenteur
Astérios Polyp a été tiré à 20 000 exemplaires en septembre et fait l'objet d'un retirage.






Sources :

Sylvain