21 août 2011

Publication d'un brouillon - Excuses officielles


"M'enfin ! Qui a publié mon brouillon sur le numérique ?" n'ai-je pu m'empêcher de penser en voyant l'ébauche de note s'afficher en page d'accueil de Bédérama. Après la stupeur, la peur s'est emparée de moi : "Le patron va m'en passer une sévère ! J'aimerais trop pas être moi." Mais bon, Laurent n'a rien vu. Je m'en tire à bon compte ce coup là. Dans le cadre de la démarche qualité mise en place au sein de la structure Bédérama, une analyse du problème a été réalisée. Il se trouve que confondant vitesse et précipitation ainsi que les boutons Publier et Enregistrer, j'ai commis "v'la la boulette".

Gaston Lagaffe (c) Dupuis - Montage Y. Bocquel

Première action corrective : envoyer un mail à Blogger pour leur signaler ce qui est, à mon sens, un petit problème de conception. En fait, il y a peu de chance pour que je prenne le temps de le faire mais qui sait ...

Deuxième action corrective : mettre en place une procédure qualité de publication des billets incluant un comité de relecture. La probabilité de réalisation de cette action est ... nulle.

Troisième action, et de loin la plus importante : les excuses. Je suis vraiment navré d'avoir attiré un certain nombre d'entre vous sur Bédérama et proposer un spectacle si pitoyable. Désolé. Je vais essayer de m'appliquer encore plus sur ce billet inspiré par la réflexion de Sébastien Naeco Le livre numérique et la mise à distance du lecteur.

Encore toutes mes excuses. Profitez bien de ce week-end ensoleillé en y allant cependant mollo sur l'essence pour allumer les barbecue.

Sylvain

16 août 2011

Les Schtroumpfs - Opinion favorable de la part des enfants

Le film Les Schtroumpfs ne récolte guère de louanges de la part des critiques sans toutefois  se faire réellement éreinter (2,6/5 sur Allociné). Cela ne l'empêche pas d'avoir trouvé son public : après une première semaine d'exploitation, il totalise 866 000 entrées en France, devançant même le très bon Super 8 (périmètre de salles comparable). Le succès des petits êtres bleus qui sont toujours heureux est aussi au rendez-vous aux États-Unis (plus de 100 millions de dollars en 3 semaines d'exploitation, à titre de comparaison le blockbuster Cowboys & Envahisseurs n'atteint que 81 millions sur la même période)


Dans son billet du 4 août, Sébastien Naeco s'élève contre l'américanisation des Schtroumpfs, regrettant "l'opportunisme mercantile" à l'origine du projet. Cette position, de principe (je ne suis pas certain qu'il ait vu le film), me parle mais m'interpelle aussi :  ne vaut-il pas mieux que la BD franco-belge profite des films d'animation pour rayonner à l'international plutôt que de rester sous cloche ? Quitte à évoluer et sortir de son périmètre initial défini en fin des années 50 ou même exister sous deux formes différentes : Schtroumpfs canal historique et  Schtroumpfs culture mainstream.

Le film étant clairement destiné aux enfants (6-8 ans visiblement), il est donc logique que Morgane et Julien aient été chargés d'en rédiger la critique. Merci à eux ainsi qu'aux grand-parents pour cette sortie par temps pluvieux et la formalisation du compte-rendu. 

Le film est très bien et très drôle. Les Schtroumpfs sont rigolos car ils font plein de bonnes actions et des bêtises. Le plus amusant est le Schtroumpf écossais qui a un petit kilt bleu et qui rapporte un joli caleçon de son voyage.
Gargamel fait un peu peur mais il fait rire quand il fait pipi dans le seau à champagne. Azrael est très intelligent et il fait rire car il fait beaucoup de grimaces.
Les deux jeunes New-Yorkais sont sympathiques.

A la fin, on a un peu peur quand Gargamel va capturer tous les Schtroumpfs mais le Schtroumpf Maladroit devient très courageux et sauve tout le monde. 

Le plus bête est le Schtroumpf Poète.


Tous les enfants peuvent aller voir ce film et bien s’amuser.


Avis du jeune public favorable donc et cohérent avec la note moyenne donnée par les spectateurs (toujours sur Allociné) : 3,5/5.









Julien, Morgane, maman K. et un peu de Sylvain.


14 août 2011

Séance de rattrapage - Sélection de one-shots BD

Les vacances ont été l'occasion remettre en ordre la collection de BD qui était restée en jachère depuis quelque temps. Faute d'étagères disponibles, les albums s'empilaient inexorablement pour former des piles acrobatiques, difficilement praticables même pour un marsupilami au top de sa forme. Se saisir d'un livre relevait de l'exploit physique, maintenir à jour les séries devenait hasardeux. Bref, la situation était critique.

Heureusement, super maman K. est arrivée avec quelques linéaires de bibliothèque. Quelques heures de pluie plus tard, un semblant d'ordre règne à nouveau sur les étagères. Et avouons que cela fait plaisir d'autant que ce rangement estival a aussi permis d'exhumer des petites perles un peu trop vite oubliées. Ajoutées à quelques nouveautés sympathiques, cela donne une sélection de one-shots qui tient la route.


Je suis ton père : réjouissant exutoire paternel
Bob - Vraoum

Tranches de vie pas toujours très fines mais souvent drôles et assuremment réussies. A recommander à tous les pères possesseurs d'au moins un modèle de type humanoïde post an 2000. Je ne te dis pas que c'est subtil, je te dis que ça soulage. 
Un chouette cadeau (merci Laurent !) dont le prix reste néanmoins pour moi une surprise (16 euros tout de même - vraiment merci Laurent !).

Catalyse : l'anti Largo Winch
Pierre-Henry Gomont - ManoloSanctis

Polar psychologique emprunt de réalisme. Efficace, surprenant et moralement intrigant. Une vision de l'audit financier et de la province que Claude Chabrol n'aurait certainement pas reniée. A mon avis, la première oeuvre mature livrée par ManoloSanctis.
Au passage, on constatera que l'éditeur communautaire a modulé sa stratégie : les oeuvres imprimées sur papier ne sont plus entièrement disponibles en version numérique. Le modèle économique initial aurait-il montré des limites ? 

Sex tape : polar atypique
Thomas Cadène - KSTR 

Une star sur le déclin se met au vert. Elle établit rapidement un étrange contrat avec un autochtone : il peut venir l'observer à loisir avec ses jumelles s'il accepte en retour de placer une webcam dans son propre salon.
Thomas Cadène, énergique animateur du web feuilleton collaboratif Les autres gens, a réalisé un intrigant et poisseux polar psychologique. A lire.

Seconde chance : Cupidon s'en fout !
Ozanam - Renart - KSTR

Une ange décochant sur ordre des flèches d'amour commet une grosse boulette et doit entrer dans la clandestinité. Ses talents uniques la conduisent très vite à devenir tueuse à gage. 
Scénario original, découpage rythmé, dialogues percutants, conclusion solide : une belle réussite.





Celle qui réchauffe l'hiver : conte inuit inouï !
Pierre Place - Delcourt

L'hiver arrive et les phoques continuent à se faire rare. Afin d'éviter une famine annoncée, deux jeunes chasseurs vont demander de l'aide auprès de la Déesse sous la mer. Mais cette dernière ne se contente pas d'un simple coup de peigne pour venir en aide à la communauté.
Confirmation de la très grande qualité de ce conte drôle et merveilleux dont les 60 premières pages sont en lecture libre sur 8comix. De quoi vraiment se forger son opinion avant d'acheter.



Merci à la très gentille maman K. ainsi qu'à Laurent B., tranquille et généreux découvreur de BD sortant des sentiers battus. 

19 juil. 2011

Un premier semestre 2011 bien peu flamboyant côté BD

Côté quantitatif, la lecture de la rubrique Zoom sur les meilleures ventes de la BD confirme le ressenti des lecteurs : le nombre de publications reste aussi élevé que les années précédentes. Une tendance qui est résumée par Les Echos (08/07/11) en 3 chiffres : "En dix ans, la production de BD été multipliée par 2,5 et le chiffre d'affaires par seulement 1,4. Les tirages moyens se réduisent". De quoi expliquer le malaise des auteurs régulièrement relayé par ActuaBD et résumé le 9 juin par Le comptoir de la BD.


Les grands succès BD en librairie se font plus rares et atteignent des sommets moins élevés que lors des années 2000. Une tendance confirmée au cours de ces six premiers mois et qui s'explique en partie par la stratégie des éditeurs : les sorties de gros titres sont concentrées sur  les derniers mois de l'année. Priorité à Noël. L'article Média-Participation truste la presse nationale durant tout l'été (ActuaBD) donne un aperçu de l'avalanche de titres grand public prévus pour la rentrée : XIII, reprise de Valérian par Larcenet, le deuxième tome de Quai d'Orsay (Blain), un apparemment beau Blutch (à lire en prépublication dans Libération), ....


Côté qualitatif, cette première partie de 2011 m'a laissée sur ma faim. Quelques BD sympathiques ou agréables mais rien de véritablement transcendant à se mettre sous la dent. Avis certes limité à mes seules lectures qui sont loin de couvrir l'ensemble des publications. La sélection mi-annuelle experte de l'ACBD, les 20 indispensables de l'été 2011, tend cependant à me conforter dans mon opinion.


Au final, les albums qui surnagent dans l'océan des BD distribuées depuis le début l'année sont peu nombreux :
  • Alter Ego, série ambitieuse qui développe un concept attractif : les six tomes pourront se lire dans n'importe quel ordre. Les trois premiers tomes publiés sont réussis et divertissants. Les trois suivants seront-ils à la hauteur et surtout cohérents ?
  • En cuisine avec Alain Passard qui est intéressant en plus d'être plaisant. Pas vraiment une BD mais les évocations des sensations gustatives et olfactives sont graphiquement très réussies.
  • Mezek de Juillard et Yann que Laurent à moins apprécié que moi.
  • Un long destin de sang - Acte 2 de Bollée et Bedouel que Laurent à plus apprécié que moi.
  • Polina de Vivès
  • Adamson T3 de Puerta et Veys
Mais pas de gros coup de coeur. Heureusement les séries US tiennent plus que bon la rampe  (100 bullets, Fables, Scalped, Parker et Transmetropolitan) et le manga réserve encore quelques agréables surprises (Pluto et Hokusai).


En cuisine avec Alain Passard


Blast (Larcenet), Elmer (Alanguilan), Le viandier de polpette (Neel et Milhaud), L'art de voler (Altarriba) et le prometteur Celle qui réchauffe l'hiver (Place) comptent régulièrement parmi les tableaux de pêche des connaisseurs mais elles ne sont pas encore tombées dans mes filets. Mais j'y travaille.
La série Sherman (Griffo et Desberg) supposée être un gros poisson s'avère décevante et trop classique. Mais le summum de la déception est atteint par le dernier Bilal qui est certes graphiquement attrayant mais tellement chiant qu'on part faire la sieste plutôt que de finir l'histoire.


Et vous, quelle bonnes BD avez-vous péchées récemment ? 


Sylvain

17 juil. 2011

Super 8

Petite infidélité au 9ème art pour le 7ème : chronique sur Super 8 que nous avons vus en avant-première dans le cadre du Festival Paris Cinéma 2011 (merci Géraud !).

Grosse production américaine réalisée par J.J. Abrams (Alias, Lost, Mission Impossible 3 et le très chouette Star Trek de 2009) et produite par Sir Steven Spielberg (qu'on ne présente plus), Super 8 est un divertissement diablement efficace et prenant. C'est néanmoins un curieux mélange :  les Goonies, E.T. et Rencontre du troisième type passés au mixeur avec Alien et une pointe de Prédator. Les trentenaires bien mûrs que nous sommes ont apprécié mais il faut avouer que nous ne nous attendions pas à suivre les aventures d'un groupe d'enfants prépubères. Étonnant. Un public plus jeune appréciera-t-il cette plongée tonique dans les années 80 ? Pas sûr et la bande annonce française fait d'ailleurs l'impasse sur ce point, raison pour laquelle la version VOST vous est proposée ci-dessous.



Pour aller un peu plus loin sur le film :
  • il mérite d'être vu au cinéma. Certaines scènes, notamment celle du train, sont impressionnantes et doivent certainement perdre de leur force sur petit écran.
  • le scénario est impressionnant de cohérence et d'efficacité. Tous les éléments, même les plus secondaires, s'emboîtent et font sens.
  • les personnages sont riches et ne manquent pas de profondeur.
  • l'humour est justement dosé. Personnellement, j'ai adoré la réplique "La drogue, c'est vraiment trop nul !" (qui n'a strictement aucun intérêt sortie de son contexte mais qui serait trop longue à resituer. Vous penserez à moi lors de la projection)
  • il faut regarder le générique de fin pour savourer le film de mort-vivants tourné par les enfants ... en super 8.

Un bon film d'été donc. Idéal pour passer un moment au frais ... ou au sec.

Sylvain