23 sept. 2012

Petillon en forme

Assurément meilleur caricaturiste du Canard Enchainé, Pétillon illustre parfaitement le gros titre de la semaine "Les fanatiques font d'une vidéo débile un film d'armes et décès". Bravo.


Sylvain

9 sept. 2012

Rentrée BD 2012 - Première rafale (Texas Cowboy, Pablo T2, La grande odalisque et agence Interpole)

Tout comme les années précédentes, les parutions de nouveautés explosent en cette période de rentrée. Parmi les centaines d'albums annoncés, 34 poids lourds, c'est à dire tirés à plus de 100 000 exemplaires, vont jouer des coudes pour occuper les têtes de gondole d'ici Noël. Un coup de force des éditeurs qui doivent rattraper le recul de 5% du  marché de la BD au premier semestre 2012 (visiblement porté par une grosse faiblesse du manga - source GfK). 
Pour information, les six plus gros tirages seront : 
  • Titeuf, t.13, À la folie par Zep (Glénat) : 1 000 000 ex. (sortie le 30 août)
  • Largo Winch, t.18, Colère rouge, par Francq & Van Hamme (Dupuis) : 450 000 ex. (19 octobre)
  • Lucky Luke d’après Morris, t.5, Cavalier seul, par Benacquista, Pennac & Achdé (Lucky Comics) : 450 000 ex. (26 octobre)
  • Blake & Mortimer, t.21, Le serment des cinq lords, par Sente et Juillard (Blake & Mortimer) 450 000 ex. (1er novembre)
  • XIII, t.21, L’appât, par Sente et Jigounov (Dargaud) : 350 000 ex. (1er novembre)
  • Le Chat, t.17, Le chat erectus, par Philippe Geluck (Casterman) : 250 000 ex. (24 octobre).
Mais il y aura aussi de bonnes nouveautés, n'en doutons pas. La chasse est donc ouvert et  pour faire face à cette avalanche de titres, Bédérama va y aller à la mitraillette. Pour cette première rafale, du bon et du sympa mais rien d'explosif.

La grande Odalisque
De Vivès / Ruppert et Mulot 

L'hommage au manga Cat's Eyes et sa transposition au Paris contemporain sont réussis. Les trois valeurs montantes de la BD se font plaisir sans pour autant oublier le lecteur : lecture fluide, rythme dynamique, graphisme élégant en témoignent. 
Cependant, ils ne signent qu'un bon divertissement qui serait estampillé commercial sans leurs signatures "nouvelle vague" (visages estompés, filles libérées, ...). Car du fond, il n'y a guère et l'on peut s'interroger sur le choix de l'éditeur : pourquoi en faire un beau livre de 20 euros alors qu'un format plus accessible aurait largement suffit à cette histoire ? La réponse est peut-être dans la question. 



Piège Nuptial
Christian de Metter - Adaptation du livre de Douglas Kennedy (Casterman)

Nick, journaliste américain, s'offre une virée solitaire à travers l'Australie. Ne pas connaître les règles de base du bush et de ses habitants va cependant lui attirer de gros gros problèmes. 
Nouvelle adaptation parfaitement maitrisée par Christian De Metter qui capte dès les premières pages l'attention du lecteur. Le scénario limpide est servi par un graphisme saisissant qui retranscrit admirablement la misère humaine d'une petite ville australienne (assez particulière il est vrai).  Une manière judicieuse de dépenser 18€.




Texas Cowboy
Bonhomme /Trondheim (Dupuis)

Un petit journaliste de Boston est envoyé au Texas pour  écrire des papiers plein de fureur et de sang. 
En soi rien de nouveau sous le soleil mais Trondheim signe un scénario abouti, bien mené et sans échappatoires faciles. Du bon boulot très bien mis en image par Matthieu Bonhomme qui donne un côté vintage à l'ensemble. On se laisse emporter dans ce western avec plaisir. 
Une oeuvre certainement plus intéressante à lire d'un bloc qu'en épisode du fait de sa construction (l'album regroupe les neuf suppléments gratuits du journal de Spirou).
Agréable à lire et surprenant, en bien.


Fin de la rafale :

  • Pablo, Apollinaire (tome 2 - Birmant/Oubrerie - Dargaud) est dans le prolongement du premier tome. Une évasion dans le Paris début XXème aussi agréable qu'intéressante. Elle s'appuie sur des recherches historiques agréablement restituées sur le papier. 
  • Agence Interpol. Nouvelle série concept lancée par les éditions Dupuis. Une histoire par tome. La Muerte (Marty/Thirault - Dupuis) se déroule à Mexico et met en scène un tueur en série, un privé, une inspectrice d'interpol et des flics corrompus. Un polar tout juste correct qui emprunte trop de dialogues convenus et de raccourcis scénaristiques pour vraiment remplir le contrat.
Signe des temps, l'ensemble de ces albums est disponible en numérique sur IZNEO (cf. extraits ci-après), à l'exception de Casterman qui confirme sa réticence à prendre le virage du dématérialisé.  


Sylvain

5 sept. 2012

Au travail - Tome 1 - Du nouveau dans l'autobiographie

A la différence de nombreux ouvrages autobiographiques affreusement égocentrés, Au travail s'ouvre au lecteur et lui offre l'opportunité d'exhumer ses propres souvenirs. En utilisant des fragments de BD comme défricheurs de mémoire, l'ouvrage touchera tous ceux sur lesquels le neuvième art s'est penché dès le berceau. Un beau voyage vers l'enfance véhiculé par un graphisme libéré de toutes conventions. 

Mis en condition par le papier à dessin orange de sa prime jeunesse, Olivier Josso exhume de sa mémoire des éléments fondateurs par un exercice qui s'apparente à du dessin automatique. Mêlant des fragments de Lucky Luke, Spirou ou Tintin avec des flashs familiaux, il parvient à coucher sur le papier des réminiscences de sa jeunesse. Réussi et touchant, en particulier lorsqu'il explique sa fascination pour La Mauvaise Tête de Franquin qu'il revisite au regard de la mort de son père. 







Pour plus d'informations sur ce livre hors norme (difficile d'écrire dessus d'ailleurs), et assurément segmentant, vous pouvez lire l'article de Du9 ou celui de Rue89. Mais le mieux est d'y jeter un oeil lors d'un prochain passage en librairie.

Sylvain

29 août 2012

Lincoln - Tome 7 - Le fou sur la montagne

Le trio Jouvray livre un septième tome réjouissant. Un des meilleurs de la série, divertissant et intelligent.

1917. Misanthrope autant par habitude et bravade que par chagrin, Lincoln s'est isolé dans une cabane de chasseur. Il ne retourne en ville que pour échanger des fourrures contre de l'alcool. Une vie de presque-ermite qui va basculer avec l'arrivée de la prohibition.

Depuis le point bas touché au tome 4, les auteurs redressent la barre. De plus, la pause de trois années entre les tomes 6 et 7 leur a visiblement permis de recharger les batteries. Le Fou sur la montagne bénéficie ainsi du mordant et de la pertinence des tous premiers albums, la maturité en plus. Scénario maîtrisé, dialogues efficaces, découpage dynamique, personnages secondaires forts et humour "défoulatoire", l'album évite les répétitions tout en continuant à faire évoluer le cowboy immortel. A pas un peu trop mesurés peut-être. Le risque de lassitude pourrait guetter si des évolutions plus radicales n'intervenaient pas. Mais tous les feux sont au vert alors ne boudons pas notre plaisir. Et puis, le plaisir intact que les Jouvray prennent à exploser Lincoln et lui faire dire merde à Dieu est un bon garant pour la qualité future de la série. 



Comme les tomes 5, 6 et 7 en attestent, la présence d'un personnage féminin de premier plan fonctionne très bien dans cet univers. Des protagonistes que les auteurs semblent d'ailleurs bien maîtriser et qui apportent un fond indéniable à la série. Il est probable que Lincoln n'a pas fini d'avoir des problèmes relationnels avec la gent féminine ! 
Sur de nombreux aspects, ce septième tome est le miroir du cycle mexicain des deux albums précédents (femme brune vs femme blonde, désert vs montagne, ...). Le continent américain aurait-il offert toutes ses possibilités à la quête contrainte du bonheur de Lincoln ? Traversera-t-il l'atlantique pour voir si Dieu sait nager ?    


 Sylvain

20 août 2012

Sélection estivale de comics


Tel Batman arrivant entouré d'une nuée de chauve-souris, le dernier film de Christopher Nolan a été accompagné d'une flopée de publications décrivant les challenges sécuritaires sérieux auxquels cette bonne vieille ville de Gotham doit faire face. La cour des hiboux, première partie d'un diptyque inédit, ressort nettement du lot. Rien de fondamentalement révolutionnaire (la déstabilisation de Batman n'est pas sans rappeler Dark Knight Returns de Miller et Enfer Blanc de Starlin) mais le scénario fouillé donne du grain à moudre au lecteur et souffle un agréable vent de renouveau. Un "reboot" tout à fait recommandable. Fait notable, le dessin fait montre d'autant de caractère que d'inventivité et se marie parfaitement à la noirceur du récit. Graphiquement à des années lumières des traits lisses et aseptisés du récent Catwoman - La règle du jeu aux effets de manches vraiment trop faciles. Pour le coup, un début de série tout à fait évitable.

Parmi les autres publications comics récentes, les piliers tiennent leur rang. Le seizième tome de 100 bullets scotche et fait encore monter la pression de quelques bars. Plus que quelques mois à attendre pour connaître le dénouement de l'intrigue de ce polar hors norme et d'essayer d'en saisir pleinement les subtilités. Quant aux auteurs de Fables, ils surprennent une fois de plus. Une performance pour ce quinzième opus qui parvient à relancer l'intrigue après une fin de cycle explosive au tome précédent. Un régal.

Autre animation de série réussie : Powers (T8) qui rebondit aussi intelligemment après que les tomes 6 et 7 aient été particulièrement "exigeants" envers les personnages. Une réflexion sans cesse renouvelée sur la difficile cohabitation entre humains, dotés ou non de super-pouvoirs dans ce cas. Seul petit bémol, les découpages étendus parfois sur deux pages qui gênent la lecture.

Et pour finir, une drôle de bestiole qui a pour nom Invincible (7 tomes - Delcourt) et à côté de laquelle je serais passé sans les recommandations de Laurent C. Un space opéra foisonnant imaginé par Robert Kirkman (le scénariste de Walking Dead) qui multiplie les références et les clins d'oeils aux comics mainstreams. Un curieux mélange de parodie, de drâme et de violence Un moment de détente d'autant meilleur qu'il enchaîne les coups de théatre. 





Sylvain